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 9/10 en Histoire de l'Art

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POPO l'hippo
Maître Banane
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MessageSujet: 9/10 en Histoire de l'Art   Sam 27 Mai - 2:49

Et en exclu le devoir : )))



Histoire de l'art – Fabien GUILLIN prépa C


Gaston Bachelard, dans sa thèse sur l'imagination du mouvement de L'Air et les Songes, nous dévoile la puissance du vol et ce qu'il peut évoquer dans notre imagination et à quel point cette unique sensation de vol exprime en nous notre condition d'être mortel, celle-ci nous poussant à nous dépasser, à « voler » dans le sens symbolique du terme : être libre.
En cette idée de mouvement du vol, G. Bachelard tente de trouver l'origine de cette passion du vol et d'en comprendre les subtilités.

Il analyse ainsi le mouvement du vol qui donne selon lui une image «dynamique parfaite », une beauté que l'on saisit par son idée de mouvement et joue sur un paradoxe de l'image : elle est fixe, immuable, mais lorsqu'on lui attache une idée de mouvement telle que le vol, notre pensée est tout de suite embarqué avec elle dans un monde vivant.
C'est probablement en cela que Gaston Bachelard dit que le mouvement de vol nous évoque un dynamisme dans notre imagination. Il devient une sorte d'éveil de la pensée, une beauté concrête représentative des beautés abstraites de nos pensées à l'état de sommeil, une sorte d'idéal insaissible que l'on redécouvrirait en cette idée du mouvement de vol.
Et si ce vol attache tant d'importance à notre esprit c'est peut-être parce qu'il est dans notre inconscient ce que nous voudrions y accéder par nature : la liberté, illustré par le vol comme une liberté de mouvement total, une envie saine qui nous force à nous dépasser.

Le vol est souvent utilisé en histoire de l'art et souvent pour illustrer une idée de rêve, de liberté idéalisé par l'esprit.
On retrouve cela dans l'Amour des Âmes de Jean Delville.

l'Amour des Âmes (1900)

L'Amour des âmes est une oeuvre symboliste de 1867. La spécificité de cette toile est que la seule part de « réel » provient des deux corps entremélés de manière confuses, presque en fusion, représentant ainsi l'idée même de l'Amour dans ce couple : par leur amour, ne devenant qu'un et ne pouvant vivre l'un sans l'autre.
L'envol traduit ainsi l'idée d'Amour en utilisant certains codes implicites à l'Art en assimilant une idée abstraite de l'Amour, puisqu'elle est en soi rien de palpable, à une représentation d'une certaine réalité physique, c'est le principe même de la métaphore.
Les deux âmes s'élèvent vers le ciel où les couleurs fluides et harmoniques qui évoquent le paradis en contraste avec le bas du tableau plongé dans un noir vide et négatif volent vers leur bonheur commun.
Cette oeuvre pourrait être interprété de la façon suivante dans le but de mieux la comprendre : les deux corps symbolisent la notion de l'Abstrait (ici l'Amour) et la représentation de la réalité au sens strict du terme. Une fois unis, ils ne forment qu'une seule et même entité qui passe à travers le filtre de la pensée du spectateur et dégage de cette oeuvre picturale la notion d'Amour dont il connait les termes et les codes. C'est à la fois un éloge au symbolisme, à sa puissance évocatrice, mais aussi un constat implicite d'une élévation possible de l'Art dans sa recherche constante vers un idéal que seul cette union de la pensée et de l'image puisse créer.

En s'aidant de codes précis qui semblerait emprisonner l'artiste dans le concept qu'il veut représenter, Jean Delville parvient au contraire à se libérer d'une certaine dictature du réalisme et de la cohérence graphique en nous offrant ici une oeuvre hybride vogant entre la toile et la pensée du spectateur qui est libre d'y voir sa vision d'Amour.

The Great Red Dragon and the Woman Clothed in Sun (1806-1809 )


Avec William Blake il ne s'agit plus d'un oiseau mais d'un dragon. Il est ici très proche du concept de l'ange aussi bien dans son apparence que dans sa fonction : ni homme ni dieu, il en est cependant l'intermédiaire grâce à ses ailes qui lui permettent de voler jusqu'aux cieux.
Dans l'univers étrange et mystique de W. Blake, le dragon agit comme un protecteur de par sa morsure qui permet à sa victime de voler sous son aile, unis par le sang. Ce qui n'est pas sans rappeller le mythe du vampire qui se met à posséder sa victime après l'avoir mordu.

Dans cette toile intitulé The Great Red Dragon and the Woman Clothed in Sun, l'animal fabuleux surgit au beau milieu de la toile, occupe toute la surface et nous hypnotise par son envergure et c'est seulement ensuite que l'on parvient à considérer la jeune femme au bas du tableau grâce à sa différence de teinte avec le reste du tableau.
Par rapport à L'Air et les Songes, on découvre dans cette oeuvre toute la puissance imaginaire du rêve autour du vol. Entre cauchemard, rêve et réalité, Blake saisit notre regard pour nous plonger tête baisser dans un sommeil éveillé, guidé par l'impressionnante puissance évocatrice du Grand Dragon Rouge.

Formes uniques de la continuité dans l'espace (1913)

Après avoir tenté de trouver une oeuvre futuriste évoquant l'envol d'un oiseau, j'ai décidé de me rabattre sur une autre oeuvre finalement plus proche de ce que Gaston Bachelard tente de nous faire comprendre.
Formes uniques de la continuité dans l'espace (1913) d'Umberto Boccioni est non seulement l'idéalisation d'une capture figé du mouvement d'un être humain mais aussi la la valorisation pure et simple du mouvement en tant que matière occupant l'espace.
En adéquation avec la théorie sur la relativité (1905) d'Albert Einstein qui traite la masse comme une énergie contenu, cette sculpture de bronze ne représente pas un corps en mouvement mais le mouvement lui seul. Il est l'énergie contenu, emprisonné sous forme de matière, même la lumière semble être contenu par le bronze qui rend la sculpture extrêmement lumineuse et étincelante.

Contrairement à l'oeuvre précédente, Formes uniques de la continuité dans l'espace nous plonge ici, non pas dans le rêve mais dans l'espace lui-même. Une idée de mouvement dans l'espace qui surgit dans notre inconscient comme une « abstraction foudroyante ». Comme l'on ne voit plus les plumes de l'oiseau lorsqu'il prend son envol, on ne distingue pas non plus l'être caché sous ce mouvement. On est seulement admiratif par sa lumière et par ses formes.

Le Monochrome IKB 3 (1960)

Le Monochrome IKB 3 de Klein n'a rien de simple et c'est pourquoi glisser ici une photographie de cette oeuvre sur cette simple feuille de papier n'aurait aucun sens. Tout d'abord pour une raison simple : le pigment bleu aux reflets violets apparaitrait d'un bleu uni et perdrait tout de son sens, mais aussi parce qu'un monochrome de Klein ne devrait se voir que sur place, selon la volonté de l'artiste qui veut subliminer son spectateur.

En créant le Monochrome Bleu, Klein a voulu faire ce qu'il y a de plus abstrait qui soit en utilisant un bleu de son invention (l'International Klein Blue) afin d'échapper toute relation extérieur avec la réalité formelle. Créant un rendez-vous totalement abstrait et donc imaginaire avec le spectateur.
«Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension»
Grâce à l'IKB, le Monochrome s'échappe de la toile de 2 mètre sur 1 mètre 50 et vient se percuter à nos yeux comme une ouverture vers un espace imaginaire insaississable. Le bleu qui se reflète sur nos yeux agit de façon inconsciente pour peu que l'on ne soit pas repoussé par l'oeuvre elle-même. Il devient un miroir à notre imaginaire et permet de nous y plonger avec la plus grande hardeur.
Et si cette oeuvre s'est retrouvé à l'exposition Big Bang du Centre Pompidou c'est bien pour sa dimension universelle et presque métaphysique. Pour reprendre la relation entre la théorie de la relativité et du futurisme, ici l'IKB pourrait bien être l'énergie créatrice emprisonné par la toile : la véritable énergie du Big Bang se retrouvant évoquée implicitement par le bleu de Klein, une explosion de l'imaginaire, l'extase de l'Art dans sa recherche de perfection simple.

Par cette oeuvre, nous saississons parfaitement le fondement du point de vue de Gaston Bachelard lorsqu'il parle de dynamique de l'imagination et du rêve. Un rendez-vous dans la réalité et illustre au mieux les beautés que peuvent être témoin notre conscience en sommeil.


2001 : Space Odyssey (1968)

Dans 2001 : Space Odyssey, Stanley Kubrick accompagné par l'auteur d'anticipation Arthur C.Clarke dresse une fresque de gigantisme, un éloge matérialiste à l'élévation de l'être-humain, au parcours contre-nature d'un être qui découvre à peine à utiliser des objets quelquonques comme outils pour finalement se lancer dans la conquête de l'espace.

Traitant de sujets propres à la Science-Fiction tels que le rapport entre la Machine et l'Homme, l'existence d'une vie ailleurs ou encore les limites de la technologie qui s'offrent à nous; 2001 : Space Odyssey est aussi une oeuvre de contemplations avec une série de plans « épileptiques » vogant entre abstrait et réalité subjective.

Mais ce qui nous intéresse surtout dans cette confrontation du rêve à l'image du mouvement de vol c'est ce tout dernier plan montrant un foetus en orbite autour de la Terre.

« Le foetus cosmique » est une renaissance de l'homme qui désire s'élever vers un idéal parfait. Proche de la philosophie de l'être supérieur de Nietzsche, Kubrick réalise ce que notre pensée désire au moins une fois dans son existence : la perfection.
Par cet oeuf, symbole universel de la création (big bang ?), l'être-humain désire rennaître afin de pouvoir « voler », d'être totalement libre de ses mouvements, de son corps qui l'emprisonne.


On en revient donc au départ : la volonté d'être libre sera toujours contingente chez l'Homme. Un désir insassiable de perfection qu'il touche du doigt lorsqu'il rêve et qu'il manifeste par une envie de voler, un mouvement simple et réel représentatif de la frustration de l'être-humain qui tente de pallier ses envies en s'élevant un maximum vers cet idéal, l'Art étant l'approche la plus subjective et peut-être la plus concrête dans notre esprit.

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POPO l'hippo
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MessageSujet: Re: 9/10 en Histoire de l'Art   Sam 27 Mai - 2:51

Je vous recommande fortement de lire le passage sur 2001 et l'IKB ou "Comment je vous ai tous pwné avec des analyses masturbo-intellectuelles de merde".

(y a aussi le passage sur le futurisme et le rapprochement avec la théorie de la relativité)

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Dionix
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MessageSujet: Re: 9/10 en Histoire de l'Art   Dim 28 Mai - 17:52

Stoi le foetus cosmisque.
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